La communication éditoriale

Aude Moulin a rejoint depuis Octobre 2018 le service communication de la Ville de Dijon et Dijon métropole, en tant que rédactrice en chef des magazines.

Quel est ton parcours ?

Je travaille dans la communication depuis 10 ans. Avec une licence info-com et un master management et communication, j’étais plutôt orientée sur la communication interne à l’origine. J’ai commencé comme assistante de communication dans un réseau de transport urbain à Saint Etienne. J’ai ensuite été attachée de presse pour la ville de Roanne où j’ai découvert le monde des collectivités.Cela m’a conforté dans le fait que je souhaitais rester dans la communication publique : les relations humaines sont centrales pour mon travail et j’aime communiquer dans une optique d’intérêt général.  Après 3 ans passés à Roanne, je suis arrivée à Cahors en tant que chargée de communication et rédactrice, où j’ai coordonné la parution du magazine du Grand Cahors. Cela correspondait mieux à mon projet professionnel, car le journalisme est un domaine qui m’a toujours attiré.
Je suis restée un an à ce poste, pour partir ensuite à Riorges en tant que responsable communication puis du secrétariat des élus. Cette expérience a été très riche car j’ai touché à beaucoup d’outils et il y avait une grande liberté au niveau de la communication. Cela m’a permis d’approcher le fonctionnement d’une municipalité et d’acquérir des compétences complémentaires. J’ai ensuite rejoint le service communication de la ville de Baume les Dames, où j’ai pu m’occuper de nombreux projets pendant deux ans, dont la coordination de la démocratie participative, ce qui m’a donné une bonne connaissance du terrain.
Et me voici aujourd’hui à la ville de Dijon en tant que rédactrice en chef !

En quoi consiste ton travail au quotidien ?

En tant que rédactrice en chef je m’occupe de la planification, de la coordination et d’une partie de l’écriture des magazines de Dijon Ville et de Dijon Métropole. Ne pouvant tout écrire moi-même, je travaille en lien avec plusieurs pigistes.
Mon activité se décompose en plusieurs phases : premièrement la préparation du magazine, avec la réflexion sur les sujets à traiter et une période de commandes d’articles auprès des pigistes. Une fois les sujets commandés, je m’occupe du reste de la rédaction et de la supervision créative (shooting photo, etc.)
Une fois les papiers des pigistes reçus il y a une phase de relecture, puis d’envoi des contenus textes et images à l’agence dédiée pour la mise en forme, ce qui prend plusieurs jours. Une fois cette étape terminée, nous aboutissons à des aller-retours de relectures et validations de la direction de la communication et de la directrice de cabinet, co-directeurs de la publication.
Une fois le magazine produit il y a aussi une partie logistique et administrative, avec le suivi des envois du magazine chez les particuliers et dans différents lieux de la ville. Au final, la rédaction n’est pas mon activité principale. Mon métier, je le découvre encore aujourd’hui, nécessite beaucoup d’anticipation, de relationnel, de coordination et d’idées apportant un plus à la ligne éditoriale du magazine.

Quels sont les plus gros challenges de ton métier ?

 En arrivant je ne connaissais pas très bien la ville donc j’ai dû briefer une équipe de pigistes qui au final connaissait mieux les sujets que moi. J’ai dû m’adapter et me mettre au niveau rapidement pour être dans le mouvement, car à peine arrivée il fallait travailler sur les prochains numéros des magazines. Autant dire que c’est un challenge permanent !
Bien sûr comme pour tout magazine, c’est une véritable course contre la montre qui s’engage chaque mois car nous avons des délais à respecter et de nombreuses parties prenantes dans le processus de préparation et de rédaction. Je suis de fait encore en rôdage et cela nécessite une vigilance constante pour aboutir au meilleur résultat possible.

Tu travaillais auparavant pour des petites collectivités, il y a donc clairement eu un changement de dimension en arrivant à Dijon. Qu’est-ce que cela change concrètement ?

L’équipe communication est plus grande, professionnelle et expérimentée. Les enjeux stratégiques sont plus forts, et les opérations plus importantes. Je travaille également avec plus de prestataires, dans mes précédentes expériences la partie rédactionnelle était souvent internalisée, donc ici j’apprends à travailler avec plusieurs pigistes. Le niveau d’exigence est aussi plus élevé, Il y a une forte attente sur le Dijon Mag, on a souvent beaucoup de retour, en général dans les 48h après la réception par les lecteurs. Les gens appellent très souvent lorsqu’ils n’ont pas reçu le magazine !

Depuis janvier, il a été décidé d’ouvrir quelques rubriques du Dijon Mag à des lecteurs, à travers un comité de rédaction citoyen. Pourquoi cette décision ?  

Cette décision s’inscrit dans le but d’avoir un media plus inclusif, plus humain et plus centré sur la vie des quartiers de la ville. Nous souhaitons être plus représentatifset apporter du fond, en réfléchissant aux attentes des lecteurs. Ce comité ne se fera sans doute pas pour toute les éditions car cela demande beaucoup de temps et de réactivité, mais le premier essai est concluant.
Souvent, quand je lis un magazine de collectivité, je reste sur ma faim, car les lecteurs n’apparaissent pas suffisamment. À mon sens, l’article de fond est important, il faut intéresser le lecteur, le citoyen pour qu’il comprenne mieux le fonctionnement de son quotidien et qu’il ait envie de s’impliquer dans la vie locale. Pour moi un magazine de collectivité doit passer par plus d’interaction avec les lecteurs, plus de participation.
Ensuite dans un deuxième temps nous devons penser à la continuité du magazine sur les autres supports (web, réseaux sociaux…), avoir une stratégie cross media. Cela n’est pas forcément évident puisque suivant les supports nous ne sommes pas sur la même temporalité, ce qui veut dire anticiper beaucoup de choses. Mais c’est passionnant car cela implique de réfléchir à des solutions et de les mettre en œuvre.

Un magazine de collectivité est donc un outil de démocratie ?

Clairement ! Le but est d’informer le citoyen mais aussi de l’inclure, de favoriser une démocratie participative. Il ne faut pas que cela soit purement descendant, la communication se doit d’être un dialogue. Le lecteur du magazine doit se sentir concerné, avoir le sentiment d’apprendre quelque chose, de mieux comprendre les instances qui l’entoure, d’avoir une meilleure représentation du fonctionnement de sa ville et donc de son quotidien. C’est du dialogue indirect mais nécessaire. Cela inclus d’avoir de bonnes qualités rédactionnelles, et de bien vérifier les sujets. En tant qu’outil publique et politique, nous devons faire attention à tout. Nous avons une responsabilité vis-à-vis des habitants. Être à la fois au service de la ville et au service des citoyens n’est pas contradictoire, le magazine en est une synthèse j’espère la plus convaincante possible.

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