La communication associative

Rencontre avec Gwenaël Le Nohaïc, responsable de la communication chez l’association Générations Cobayes

Quel est ton parcours ?

Je suis juriste à la base ! J’ai fait Hypokhâgne, une licence de droit puis un M2 en droit de l’Union Européenne et droit de l’OMC. Mon stage de fin d’études s’est fait chez FSC (le label de gestion responsable des forêts), en tant que chargée de mission RSE. Dans le contexte du plaidoyer avant la COP21 je me suis notamment occupée du travail de recherche et d’écriture de discours sur la protection des forêts et de la biodiversité.
Mais je ressentais de plus en plus un appel pour la dimension communication, particulièrement comme vecteur de sensibilisation du grand public aux enjeux environnementaux. Dans le métier de juriste, je n’avais pas de place pour la créativité. J’étais également intéressée par la notion de tourisme durable, notamment grâce à mes recherches pour écrire mon mémoire sur l’achat et la consommation responsables. J’ai décroché un stage au sein de l’agence de tourisme durable Double Sens, qui m’a convaincu de bosser dans la communication, parmi les acteurs du changement. Ce stage s’est transformé et contrat en tant que chargée de communication puis responsable du développement durable et des actions solidaires !
Ça a été une expérience très enrichissante, très intense. Après 2 ans et demie, j’ai quitté cette entreprise pour rejoindre Générations Cobayes, en tant que Directrice communication de l’asso. Je suivais de près ce collectif depuis quelques années déjà, donc quand j’ai vu la fiche de poste, j’ai eu le coup de coeur !  L’aspect éducatif, la mission de sensibilisation des jeunes de 18-35 ans aux enjeux de santé-environnement me motive énormément.

En quoi consiste ton travail chez Générations Cobayes ?

C’est assez polyvalent ! En ce moment une grande partie de mon job est dédiée au développement : partenariats, demandes de fond, rendez-vous stratégiques à assurer, briefs et compte-rendus, bilans d’actions, etc.
Pour la communication en tant que telle, je coordonne nos campagnes de communication nationale, coordonne les bénévoles engagés, et je m’assure qu’il y a une vérification du contenu scientifique à l’aide d’experts. En bref, mon travail consiste principalement à faire de la gestion de  projets assez divers.
Je gère les réseaux sociaux, appuyée parfois par des bénévoles. Je coordonne aussi notre équipe bénévole dédiée au site web et aux contenus graphiques, visuels, textuels. Les relations presse sont importantes, on a beaucoup de demandes en ce moment, notamment avec l’actualité environnement et santé. Cela donne lieu à pas mal de contact journalistes et interviews.  Et bien sûr il y a tous nos événements et animations. C’est très touche à tout !

Quels sont les plus gros enjeux actuellement au niveau de la com ? Quels sont vos objectifs ?

Je dirais recentrer l’association sur ses valeurs fondamentales et ses priorités. Il y a beaucoup d’émulations, d’idées et de projets d’actions en interne, ce qui est positif, mais ça peut parfois mener à un éparpillement. Il y a donc un travail d’harmonisation de notre vision, pour être plus percutant, cohérent et soutenable à long terme.
Il va falloir unifier la dynamique interne pour être plus cohérents au niveau de la communication externe, notamment auprès du public qui ne nous connaitrait pas encore. Cela veut dire renforcer les ponts entre la communication interne et externe et les différents groupes bénévoles, et professionnaliser la communication avec des formations en interne, dédiées à l’équipe et aux bénévoles.
Et d’un point de vue plus global, toucher encore plus de gens et élargir notre public !

Il y a-t-il selon toi une spécificité à la communication dans une association ?

Comparée à mes expériences précédentes, la gestion des bénévoles est forte : il faut accompagner un grand nombre de personnes au sein du  mouvement et faire en sorte que leur projet se développe tout en unifiant le message. Il s’agit d’être fédérateur, notamment autour du discours de communication.
Après, ce qui est spécifique à cette association est la communication décalée et dynamique, comparée au côté assez anxiogène que peuvent avoir beaucoup d’autres associations dans leur messages.

Quels sont les atouts à avoir pour faire ton métier ?

Avoir le sens de la vision à long terme et savoir anticiper. Ce qui veut dire avoir une certaine rigueur, sans oublier sa créativité, son relationnel et son humanité !

A ton avis, quelles seront les évolutions liées à ton métier d’ici quelques années ?

A mon sens la communication sera plus humble, on sera moins dans le « vendre du rêve » car il y a une forte demande de transparence de la part du public. Donc il faudra communiquer, mais en toute humilité ! Cela veut dire être plus sincère, plus mesuré dans les messages, plus nuancé aussi.
Je pense aussi que l’on arrive vers une « communication par l’expérience » avec plus de concret, de rattachement entre le digital et le réel avec la pratique.

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