Qu’est-ce que la communication scientifique ?

Charlotte Mader gère la communication du Centre de Recherche pour les Écosystèmes d’Altitudes. Elle revient sur son métier et sur les enjeux de la communication scientifique.

Qu’est-ce que le CREA Mont Blanc ?

C’est un organisme de recherche sur le fonctionnement et l’évolution de la biodiversité en montagne. Nous avons un statut associatif, ce qui est rare car d’habitude, les structures de ce type sont  souvent rattachées à l’université ou au CNRS. De ce fait, nous avons une totale indépendance.
Nous mettons beaucoup d’énergie dans la diffusion d’informations : les sciences participatives sont notre cœur de métier, nous incluons les gens à la recherche. Pour nous, le libre accès, l’ouverture des données et la pédagogie sont très importants.

Quel est votre rôle au sein du CREA Mont Blanc ?

Je suis Responsable de la communication.
J’ai plusieurs casquettes : je suis chargée de communication mais aussi du numérique (webmaster et community manager), j’ai finalement plusieurs métiers en un car nous sommes une petite équipe. Nous avons 3 sites internet, mais peu classiques car ils hébergent nos data en open source. Je gère la rédaction de notre blog également.
Mon but est de gérer l’image externe du CREA Mont Blanc, notre communication institutionnelle, la sensibilisation, des animations et expositions… Mon travail comporte aussi la recherche de mécénats et la diffusion scientifique : valoriser le travail des chercheurs en externe, et le vulgariser.
Nos cibles sont les professionnels de montagne, les décideurs et élus, et les relais pour diffuser nos programmes (associations, parcs naturels, autres structures de ce type…). Et bien sûr des bénévoles pour les sciences participatives. Nous ciblons un public déjà sensibilisé à la montagne ou au changement climatique, pour approfondir leurs connaissances.

Quelle est votre formation ?

J’ai une licence en biologie et science naturelle, et un Master en journalisme scientifique.

Qu’apporte la communication au CREA Mont Blanc (et aux sciences participatives) ?

La communication est primordiale car nous travaillons avec des bénévoles, qui ont besoin de comprendre l’utilité de ce qu’ils font et des collectes de données. La communication est précieuse pour rendre compte de nos activités. Notre communauté est importante : environ 5000 personnes sur 15 ans. Il est donc nécessaire d’avoir de la pédagogie car notre public est en attente de données assez pointues. Nous avons de fait besoin d’animateurs de communauté, de régulièrement tenir au courant notre audience et de mettre à jour nos informations.
Bien sûr la communication nous apporte de la visibilité car en tant qu’association nous avons besoin de fonds pour survivre, et de montrer l’utilisation de ces fonds.

La communication scientifique a-t-elle des spécificités ?

Je dirais qu’elle nécessite beaucoup de rigueur en termes de contenus, il faut de l’acuité, à la fois comprendre et traduire. Un exercice délicat car il faut simplifier sans dénaturer, rendre accessible tout en gardant la nature du contenu. Au CREA Mont Blanc nous diffusons nos recherches en cours donc nous adoptons un côté « reportage ». Il est important d’avoir une capacité d’analyse.

Quels sont les atouts essentiels pour travailler dans ce domaine ?

Il me paraît important d’avoir une formation supérieure de qualité, peu importe le domaine, mais d’être capable d’avoir le sens de la réflexion et de l’analyse. Je ne pense pas qu’il soit obligatoire d’avoir une formation en sciences, mais face à des scientifiques, il est vrai qu’avoir une base dans le domaine aide pour la crédibilité…

Selon vous, quelles seront les évolutions de votre métier ?

En termes d’outils, il est certain qu’il y aura des évolutions : cela va très vite. Mais l’humain reste primordial, on le voit avec le bénévolat. Les gens recherchent le lien direct avec les chercheurs, et paradoxalement les outils tels que les réseaux sociaux rendent l’information plus accessible et accélèrent les choses. Néanmoins, je crois que la notion de « contact humain direct » restera centrale.
Tous les outils numériques permettent finalement de se connecter avec la société, de diffuser les recherches des scientifiques. Cela gomme un peu la hiérarchie et les étapes et favorise ainsi un lien plus direct entre les personnes.

Avez-vous senti une évolution du public face aux problématiques du CREA Mont Blanc (écologie, recherche scientifique…) ?

Il y a une prise de conscience globale, notamment des entreprises (par exemple le CREA Mont Blanc a un partenariat avec Orange). La Responsabilité Sociétale des Entreprises se démocratise.
Le public déjà sensibilisé est aussi demandeur pour accroître ses connaissances, on voit cependant que leur savoir académique est en retard face à nos connaissances actuelles. Parfois les gens découvrent avec nous la complexité du système écologique et l’impact du changement climatique. On sent qu’il y a une différence théorie/pratique, c’est pourquoi le travail sur le terrain est important.
On a encore du mal à transmettre tout ça sans contact humain, donc le challenge est de diffuser de la meilleure manière possible nos travaux pour sensibiliser au maximum. Il reste encore du chemin à faire !

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